Programme des
Nations Unies pour le développement
   
     
     
   
   
   
   
               
 
 

REPUBLIQUE DU MALI

Ministère du Développement Social, de
la Solidarité et des Personnes Agées


Aperçu du Développement Humain Durable (D.H.D)

La véritable richesse d’une Nation est constituée par ses habitants et l’objet du développement est de lutter contre la pauvreté en assurant aux populations les conditions d’une vie longue, saine et créative. Cette vérité évidente est très souvent ignorée au profit de l’accumulation de biens matériels ou financiers. En effet, dans l’immédiat après-guerre, la croissance économique était perçue comme une condition sine qua none de l’élimination de la pauvreté. Les analyses et les politiques économiques poursuivies, inspirées en partie par les méthodes qui avaient réussi pour la reconstruction de l’Europe, insistaient sur la mise en place des infrastructures matérielles et des industries, de préférence lourde, considérées comme un préalable nécessaire au développement économique. En somme, on peut affirmer que les théoriciens et praticiens du développement s’intéressaient d’abord à la croissance et seulement ensuite à la distribution des revenus et à la lutte contre la pauvreté.

Malheureusement, les expériences des années 1960 et 1970 ont montré qu’une croissance économique rapide ne réduisait pas nécessairement le chômage, les inégalités et la pauvreté, et qu’elle risquait de les aggraver. Selon Robert McNamara cité par H.W ARNDT , la hausse du revenu national, même à un taux élevé, n’a « quasiment pas profité aux pauvres des pays sous-développés » de fait, « la croissance rapide s’est accompagnée d’une répartition encore plus injuste du revenu dans de nombreux pays en développement » (H.W ARNDT dans : « Développement économique, la marche d’une idée », 1987, p. 107) . De plus, selon Marc M. Lindenberg , une croissance forte peut compromettre la durabilité de l’environnement au détriment du bien être des générations futures (Marc M. Lindenberg dans : « The Human Development Race » page, 1993, p. 13) . Sur la base de ce constat, les priorités se sont portées sur l’agriculture, l’éducation et la santé, dans le but de favoriser un développement plus équitable. Cette remise en cause a culminé, dans la deuxième moitié de la décennie 1970, sur l’approche dite des « Besoins essentiels », qui conférait aux pouvoirs publics la responsabilité première de satisfaire les nécessités vitales de leurs populations.

Cette nouvelle approche a été, à son tour, mise en question dès le début de la décennie suivante. Les chocs économiques des années 1970 et du début des années 1980 ont mis à mal de façon durable les grands équilibres macro-économiques de nombreux pays en développement. La priorité fut alors donnée au rétablissement de ces équilibres dans le cadre des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS). Les difficultés d’adaptation d’économies sous contrôle étroit d’un dirigisme étatique ont par ailleurs conduit à s’interroger sur la fonction de l’Etat dans la vie économique et à préconiser un rôle plus important pour le secteur privé. Largement ignorée par ces nouvelles préoccupations, la lutte contre la pauvreté s’est trouvée reléguée au second plan, tant au niveau politique que dans les réflexions théoriques.

Dans la deuxième moitié des années 1980, cependant, les inquiétudes quant à l’impact des PAS sur les populations les plus vulnérables des pays en développement ont remis les réflexions sur croissance et pauvreté à l’ordre du jour. Au même moment, les pays développés découvraient en leur sein de nouvelles formes de pauvreté et s’interrogeaient sur l’impact de l’évolution économique sur les exclus.

Le concept de développement humain (DH) est apparu (ou plutôt réapparu) et a été présenté comme la fin et les moyens de la croissance économique. S’il se veut différent des idées d’élimination de la pauvreté et des besoins essentiels, ce concept replace au centre des préoccupations et des pratiques du développement le bien être de toutes les populations et, partant, accorde une attention particulière aux plus pauvres.

Développement humain et sort des plus démunies sont des thèmes qui ont sans doute connu le sommet de leur popularité au début des années 1990 notamment avec les résultats des travaux en 1989 de Amartya Sen Prix Nobel d’Economie et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à travers la publication de son premier Rapport mondial sur le développement humain.

Beaucoup de définitions ont été données au Développement humain qui est un concept évolutif. Dans cette diversité d’approches conceptuelles, le PNUD décrit le développement humain comme « un processus visant à élargir les possibilités offertes aux individus. En principe, ces possibilités peuvent être infinies et évoluer au cours du temps. Cependant, quel que soit le niveau de développement, les trois principales, du point de vue des personnes, sont de mener une vie longue et saine, d’acquérir des connaissances et d’avoir accès aux ressources nécessaires pour disposer d’un niveau de vie décent. En l’absence de ces possibilités fondamentales, un grand nombre d’autres opportunités restent inaccessibles. Pour autant le développement humain ne s’arrête pas là. D’autres potentialités, auxquelles les individus attachent une grande valeur vont des libertés politiques, économiques et sociales à la possibilité d’exprimer sa créativité ou sa productivité, en passant par la dignité personnelle et le respect des droits de l’homme ». (PNUD, 1990 et 1995).

Le Développement Humain Durable combine et unifie les concepts de développement humain et de développement Durable.

 
 
Rue Marius Moutet - Porte 66 - BP 120
Tél. (223) 223 85 53
e-mail : odhd@afribone.net.ml
  © ODHD Tous droits réservés |  Réalisation : Afribone SA 2005  
l>